Comme chaque mois de décembre, Pantone a dévoilé sa « Couleur de l’année » prochaine. Qui se fiera à cette couleur pour dessiner son prochain logo en 2020? Mettons la mode de côté deux secondes et immergeons-nous quelques instants dans le merveilleux monde de l’impression pour mieux comprendre comment la couleur se transfère sur le papier.
Un gros défaut (ou atout?) d’Ad Stratégie, c’est l’anti-conformisme. Nous sommes bienveillants, mais un peu rétifs à la mode. J’ai lu Harry Potter 10 ans après, parce que tout le monde en chantait les louanges (c’était vraiment bon, ok). Je suis allée voir « Valérian et la cité des mille-planètes » au cinéma parce que les critiques disaient que c’était mauvais (et ce n’était pas siiii mauvais). Je n’achète pas de vêtements tous les ans pour être tendance. Pour moi, la bonne couleur et la bonne mode sont celles qui nous vont. Et ce n’est pas parce qu’Instagram est tendance en ce moment que c’est là que vous trouverez vos clients.
Prophétie autoréalisatrice
Ainsi, à la fin de chaque année, quand je reçois la nouvelle prophétie Pantone qui nous explique « quelle sera la couleur de la prochaine année », j’oscille entre curiosité, agacement et perplexité.
Puisque le logo d’Ad Stratégie est déjà bleu et que je ne prévois pas de vous imposer plus de calme, de confiance et de sérénité via le Bleu classique dans les prochaines semaines, profitons plutôt de l’occasion pour nous poser de bonnes questions. Et en savoir un peu plus sur la fabuleuse industrie de l’impression. Car une question que se posent toujours fréquemment professionnels et amateurs est: quelle technique d’impression choisir selon mon projet et selon les couleurs de ma marque?
Qui est Pantone ?
Pantone est une entreprise du New Jersey qui a été fondée en 1866 et fabriquait initialement des nuanciers pour les fabricants de cosmétiques. Ce sont eux qui ont développé le Pantone Matching System, ou PMS, pour l’industrie de l’impression en 1963. Les tons sont rassemblés dans un nuancier, parfois appelé « bridge », qui évoque les petits cartons de couleur que nous ramenons de la quincaillerie au moment de choisir nos peintures de murs. Sur le site d’Ad Stratégie, nous l’avons même repris comme icone pour incarner la Création avec un grand C.

Ce nuancier regroupe plusieurs centaines de couleurs numérotées (1600, en fait) ainsi que leur « recette » d’impression. En fait, il ne s’agit pas d’un seul nuancier, mais de plusieurs; chacun correspond à un type de papier (mat, couché, semi-couché) puisque le même mélange de couleur ne donne pas le même résultat sur le même papier. Le Pantone C est utilisé pour le papier couché (papier glacé/lustré), le Pantone U est employé pour le papier non couché (un peu plus haut de gamme) alors que le Pantone M est pour le papier mat (légèrement vernis).
Ces chartes de couleur sont tout simplement devenues, entre les années 60 et l’an 2000, LA référence de base en impression.
Pantone, 4/4 couleurs, Impression numérique
Pour bien comprendre la complexité de la gestion colorimétrique en impression, il faut prendre conscience de quelques dures réalités. D’abord, oui : le support papier existe encore en 2020. Et ensuite, lui aussi compte de nombreuses contraintes techniques (il n’y a pas qu’en informatique qu’il y a des codes!).
Premièrement, la visualisation d’une couleur varie grandement d’un écran à l’autre et d’une imprimante à une autre. En cause : la façon dont le mélange de couleur se fait, dont le papier l’absorbe, dont les machines sont calibrées.
Deuxièmement, il existe différentes façons d’imprimer et on ne peut distinguer quelle est la meilleure de façon unilatérale. Tout dépend du besoin !
- Le procédé d’impression Pantone repose sur 14 couleurs de base, à partir desquelles sont produites les centaines d’autres couleurs du Pantonier. Les couleurs sont mélangées physiquement avant l’impression, ce qui permet d’obtenir un rendu plus fidèle et donne accès à une plus large palette de couleurs. De plus, chaque couleur est référencée par un numéro, qui ne change pas au fil des années et se communique facilement d’un bout à l’autre du monde (pratique, quand on s’appelle Coca Cola, par exemple).
- Alors qu’en colorimétrie, aussi appelé 4 couleurs process, ou quadrichromie, on travaille avec 4 couleurs de base qui sont mélangées « optiquement » et non « physiquement ». Il s’agit du fameux CMJN (CMYK en anglais) : le noir, le cyan, le magenta, le jaune sont juxtaposés avec plus ou moins de finesse afin d’obtenir le résultat désiré. Le plus fréquemment, on parle d’impression offset 4 couleurs : les couleurs sont jetées sur des plaques fabriquées selon les formes à imprimer, une plaque par couleur. La plaque transfère la couleur sur un tampon, lequel imprime ensuite le papier.
- Troisième option, l’impression numérique (laser) est un procédé d’impression direct pensé pour les petites grandeurs et quantités et qui travaille également en quadrichromie, mais sans passer par des plaques / tampons comme l’offset. L’encre est déposée plus en surface, elle est donc plus sensible au frottement et au pliage et donne un effet plus lustré.
Comment choisir le bon procédé d’impression?
- L’impression offset en Pantone est la solution la plus fiable en impression. Mais elle est aussi, généralement, la plus dispendieuse. On la réserve généralement à des impressions en une ou deux couleurs seulement (impression monochrome), seul cas où elle reste avantageuse. On l’utilise aussi en packaging et pour les produits, pour les couleurs vives ou fluorescentes et pour des impressions en très grandes quantités.
- La quadrichromie est la méthode la plus utilisée et la moins couteuse, la plus rapide et la plus pratique. La plupart des impressions offset utilisent la quadrichromie. Celles-ci sont économiques à condition de prévoir une certaine quantité et produisent des documents durables. Par contre, il faut accepter une variation de couleur mineure liée au procédé (marge de variation de 10% environ).
- L’impression numérique est favorable aux petits documents, aux petites tailles, et aux documents qui n’ont pas besoin d’être utilisés très longtemps. Elle donne un bon rendu des couleurs mais ne permet pas les procédés de finition spécifiques, comme le verni sélectif ou l’estampage métallique.
Dans tous les cas, idéalement, votre charte graphique devrait donner le maximum d’indication sur vos couleurs de marque afin de mettre toutes les chances de votre côté une fois rendu en presse : code Pantone si vous en avez un, code CMJN, code RGB et code html.
Vous avez bien une charte graphique, n’est-ce-pas ?


